Rémi Nicolas : associer pleinement le citoyen à la décision de la chose publique

Élu d’opposition depuis 2014 à Marguerittes, Rémi Nicolas se présente face à une majorité municipale sortante éclatée en trois listes, celle du Maire William Portal, de son premier adjoint Denis Bruyère et du conseiller municipal Stéphane Guillemin.

Rémi Nicolas s’était présenté lors des dernières élections municipales où sa liste avait obtenu au deuxième tour 42,72 % face à celle de William Portal 57,27 %. Il siège dans l’opposition avec quatre autres conseillers municipaux et remplit aussi les fonctions de conseiller communautaire à Nîmes Métropole. Catégorisé divers gauches, il se présente aujourd’hui non pas sans étiquette, mais « multi-étiquettes ».

Le Petit Gardois : comment avez-vous vécu ces 6 dernières années ?

« J’ai œuvré pendant ce mandat à une opposition, que Monsieur Portal a d’ailleurs qualifiée de constructive. Nous avons toujours débattu dans un respect partagé, mais « sans guerre ouverte ». Si Monsieur Portal a été élu maire pendant 30 ans, c’est qu’il a été apprécié par ses électeurs, je le dis posément, j’ai beaucoup de respect pour la personne et je crois que ce sentiment est partagé le concernant. »

L.P.G. : Quels ont été les points de divergence important durant cette dernière mandature ?

« La maison de la garrigue, le rond-point genestet, mais particulièrement l’aménagement de la plaine agricole qui est vraiment le point clivant de la campagne. La municipalité a le projet de construction de 500 logements, projet sur lequel nous sommes opposés depuis 6 ans. Nous ne souhaitons pas que Marguerittes se développe encore en termes de superficie. 500 logements ce sont entre 1500 et 2000 personnes supplémentaires sur le territoire. Cela induirait des infrastructures supplémentaires en termes d’école, de réseaux, de bâtiments sportifs, etc. Marguerittes n’est pas prête à supporter ce changement, et au-delà, c’est aussi un projet de société. Nous nous devons de préserver ces espaces autour de projets agricoles et développer les circuits courts. »

L.P.G. : Pourtant la population augmente et il faut bien trouver des logements. Qu’envisagez-vous dans votre programme ?

« La commune est aujourd’hui dans une strate convenable, les équipements permettent d’accueillir de manière correcte et agréable les Marguerittois. Cependant nous avons des obligations qui nous attendent, notamment en termes de logements sociaux. D’ici 2025 le PLH (Plan Local d’Habitation) de Nîmes Métropole prévoit la construction de 238 logements. Notre stratégie n’est pas de construire encore du neuf mais de réhabiliter de l’ancien. Cette réhabilitation concerne près de 200 logements vacants dont 120 qui sont en situation d’insalubrité. Ces logements sont principalement situés sur le centre de Marguerittes, c’est notre vision. Par exemple la maison dans laquelle se trouve ma permanence pourrait comporter 3 logements. »

L.P.G. : Est-ce que vous y incluez les logements sociaux ?

« Marguerittes a un retard considérable sur ce point. La commune devrait compter à peu près 700 logements sociaux. Il en manque 500 ! Nous avons une pression forte non seulement des services de l’État mais aussi de Nîmes Métropole qui a en charge cette compétence. Nous nous conformerons à cette obligation. C’est un réel besoin, de nombreux Marguerittois sont éligibles aux logements sociaux. La réhabilitation de l’ancien va nous permettre de répondre à cette demande. »

L.P.G. : donc plutôt une extension intra-muros ?

« Ce qui nous démarque des autres listes. « Nous repensons la ville sur la ville » et non pas la ville en périphérie. Aujourd’hui construire 500 logements, dont 100 logements sociaux, c’est à peu près le dimensionnement du projet que portent William Portal et Denis Bruyère, c’est augmenter la densité de la commune. Il existe une pression démographique sur les communes de l’agglomération nîmoise, et une forte pression sur le logement social. Les débats sur ce sujet sont importants au sein du conseil communautaire. L’extension n’est pas la solution. »

L.P.G. : « Repenser la ville sur la ville ». Quelle place donnez-vous alors au centre-ville ?

« La réhabilitation s’inscrit dans un projet global de revitalisation. Nous voulons donner à Marguerittes un cœur de ville dynamisé, revalorisé. On a un projet de revalorisation de l’ancienne église et de la place du calvaire qui est le cœur du village et le « poumon vert ». Cette vision immobilière d’aménagement va nous permettre de repenser le centre-ville, qui est dans un état de paupérisation avancé, de le redynamiser. Pour lutter contre cet état de paupérisation c’est la question de la circulation qui est à prendre en compte, celle de l’implantation des commerces, du stationnement et des voies cyclables. »

L.P.G. : Vous avez mis en place des ateliers participatifs ? Dans quels buts ?

« Recenser les attentes est le but de ces ateliers pour élaborer notre programme. Une des différences marquante avec les autres listes, c’est notre volonté d’inscrire la participation citoyenne. Aujourd’hui le mode de fonctionnement de la commune est très hiérarchique. Les habitants découvrent ce qui a été décidé par le maire et le conseil municipal. Ces temps-là sont révolus. Je crois beaucoup à la démarche citoyenne, aux conseils citoyens, à la question des budgets participatifs. Tout cela fait partie intégrante de notre programme. »

L.P.G. : Qu’est-il ressorti de ces ateliers ?

« Ce qui se dégage des ateliers, c’est avant tout la propreté de la commune. Vient ensuite la question de la végétalisation. Il existe une véritable attente, les questions environnementales et climatiques sont incontournables. La question de la plaine agricole, en est un exemple. »

LPG : La plaine agricole est un sujet qui fait vraiment débat. Comment l’abordez-vous ?

« On parlait déjà de cet aménagement il y a 30 ans. Aujourd’hui il faut arrêter ! Si on empiète sur un espace agricole, et si l’extension de Marguerittes franchit la voie ferrée, l’urbanisation se poursuivra. Il faut que Marguerittes reste dans ses frontières actuelles entre la voie ferrée et la nationale, sinon demain Rodilhan et Manduel ne seront plus qu’à quelques portées de pelleteuses. »

L.P.G. : comment comptez-vous organiser la participation citoyenne sur la commune ?

« Nous souhaitons avoir quatre ou cinq comités de quartier représentatifs de leur territoire à qui j’allouerai un budget. La commune reste bien entendu régisseur en termes d’engagement et de paiement. Mais ce sont les habitants qui décideront. Quel que soit le projet, l’éclairage public, les espaces verts, les équipements, ils disposeront d’une enveloppe budgétaire qu’ils auront à gérer. C’est la manière d’associer pleinement le citoyen à la décision de la chose publique. Quand la chose publique est débattue, concertée, choisie, elle est comprise. Cela évitera ce qui s’est passé sur le quartier de Peyrousse où le projet de 140 logements a été présenté sans aucune concertation. Quelle que soit la nature du projet, il sera débattu, que ce soit le centre-ville, la plaine de Peyrouse, les terrains agricoles, on ne peut pas avancer sans associer les marguerittois. »

Je vais plus loin encore dans la démarche, j’irai jusqu’à mettre en place un conseil des citoyens, sur la base du volontariat et du tirage au sort sur les délibérations que prendra le conseil municipal. »

L.P.G. : Tous les candidats mettent l’écologie au cœur de leur programme, c’est une priorité pour vous ?

« Il y aura un élu en charge de la transition énergétique qui aura une vision transversale de tous les projets communaux. Tous les projets passeront par ce filtre afin de mesurer leur impact écologique. Chaque décision sera prise en fonction de l’impact écologique induit. On peut aller très loin dans cette démarche car même le versement d’une subvention pourrait être bonifié si la proposition de l’association s’inscrit dans une démarche par exemple de covoiturage. »

L.P.G. : Comment alors gérer les transports et les déplacements sur le territoire marguerittois ?

« Il existe deux projets de transport : la réouverture de la liaison ferrée entre Pont St Esprit et Nîmes et donc nous concernant, entre Marguerittes et Nîmes et l’extension de la ligne T2 du tram bus. Il faut revenir au projet initial de transport sur l’agglomération qui la projetait comme ligne prioritaire la plus structurante. Les lignes de TRAM ont du mal à se déployer ! C’est un des points que l’on peut reprocher à William Portal qui est vice-président chargé des transports. Ce projet de transport n’est aujourd’hui même plus d’actualité. »

« La réhabilitation de la gare impliquera la création d’un parc d’échange multimodal pour que chacun ne vienne pas avec sa voiture pour prendre le train. Cela implique la mise en place de déplacements doux, de déplacements collectifs, partagés, venant de Gervasy et de Bezouce. Il faut avoir une dimension globale de ce projet sur l’ensemble de la zone d’influence de Marguerittes. Le train est une réponse écologique et économique. »

L.P.G. : Les associations sur la commune sont nombreuses. Quelle place leur donnerez-vous ?

« La vie associative est effectivement très dense sur la commune. On a des structures intéressantes, comme les offices municipaux (sports, culture, environnement, fêtes). Le centre socio culturel l’Escale est un très bel outil, là il faut rendre au maire l’initiative de cette réussite. Nous prévoyons la construction d’un nouveau centre social sur la plaine de Peyrouse. Le secteur associatif est coordonné par l’Escale qui aujourd’hui est à l’étroit. Ce nouveau bâtiment rassemblera le CCAS, et pourquoi ne pas y réaliser un guichet unique. Bien entendu sa réalisation se fera en concertation avec les habitants du quartier, le collectif déjà existant, et les associations. Cette construction de caractère écologique nous permettra de libérer des espaces sur la commune. »

L.P.G. : Quelles sont les personnes qui composent votre liste ?

« La liste que je conduis a pratiquement changé à 80 %. Elle compte des personnes impliquées dans les structures associatives. La plus jeune a 20 ans, et le plus âgé 72 ans. En somme une liste qui se veut représentative de Marguerittes tant au niveau générationnel, professionnel, associatif que géographique. Ces personnes ne sont pas militantes politiques. Mon parcours personnel est à gauche, j’ai été au parti socialiste jusqu’en 2014. La liste que je présente n’est pas sans étiquette, je dirai plutôt qu’elle est multi-étiquettes. Nous n’avons aucun soutien d’aucun mouvement, ce qui est différent des autres candidats, Denis Bruyère est membre de l’UDI, Stéphane Guillemin des Républicains, William Portal je crois n’est pas encarté. L’histoire de Rémi Nicolas, n’est que l’histoire de Rémi Nicolas, ce n’est pas celle de ma liste. C’est une liste entièrement citoyenne, qui n’est pas prisonnière de quelque parti que ce soit. On sent une dynamique, une volonté de renouveau, la campagne est sereine, on défend notre projet, et j’appelle les Marguerittoises et Marguerittois à voter massivement pour nous dès le 1er tour. »



Catégories :Gard, Politique

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