Paroles d’instits de Nîmes et ses environs

Les rédacteurs du petit Gardois ont mené une enquête depuis la fermeture des établissements scolaires, la scolarisation durant le confinement jusqu’à la réouverture des écoles primaires et secondaires. Trois articles constitueront ce dossier pour donner la parole à tous les acteurs qui ont œuvré à la demande du ministre de l’Education nationale pour un retour à l’école dès le confinement terminé. Aujourd’hui, le petit Gardois, vous présente le premier article de cette enquête.

 

Le petit Gardois a recueilli à Nîmes et dans les communes voisines la parole de quelques professeurs d’écoles et d’AESH (Accompagnant d’Élève en Situation de Handicap) chargés de concilier pédagogie et protocole sanitaire. Pour leur éviter tous soucis avec leur hiérarchie, nous avons volontairement modifié leurs prénoms et ne précisons pas non plus la localisation de leur école.

 

« Quand on a lu le protocole, on a eu l’impression qu’on n’y arriverait jamais ». Pourtant il a bien fallu que la communauté éducative s’approprie ces directives imposées par la crise sanitaire et ce, non sans anxiété. « C’était bizarre, nous dit François* c’étaient des retrouvailles à distance entre instits, on a commencé par faire le point pour savoir si tout le matériel sanitaire était prévu ». La check-list s’ensuit : « surfaces planes désinfectées, gel à disposition… pas de savon, il faudra en demander ».

 

Les jours de prérentrée il a fallu téléphoner à toutes les familles pour identifier les élèves prioritaires dont les parents « ne peuvent pas faire autrement que de continuer à travailler ». Marie* enseigne dans une école où les membres de l’équipe sont soudés et engagés. C’est ce qui ressort de la plupart des écoles de Nîmes et des communes voisines, « Quand on travaille avec des personnes aussi solidaires, un directeur qui nous soutient et qui est très attentif aux mesures de sécurité, tant pour les élèves que pour les encadrants, c’est déjà plus facile », même avec les règles sanitaires, la coopération est possible entre le personnel municipal (ATSEM) et les professeurs des écoles.

 

Pour les ZIL (Titulaire Remplaçant Zone d’Intervention Localisée) dont le rôle est de remplacer un professeur absent, l’un d’entre eux nous a confié son angoisse de reprendre « je ne me sens pourtant pas comme un déserteur en maladie ». Contrairement aux équipes en place le ZIL peut être affecté à tout moment dans un établissement où il va découvrir sa classe sans savoir quelles ont été les mesures de sécurités sanitaires prises par l’équipe. Il va découvrir à l’instant T le protocole mis en place pour les élèves. Cette angoisse de pallier l’absence d’un collègue malade ou d’être soi-même un vecteur du virus ont donné lieu selon l’avis d’un médecin généraliste à la délivrance d’un « certificat de pathologie à risques ». À cet effet, les pouvoirs publics ont mis en place un dispositif dérogatoire permettant aux personnes présentant potentiellement le développement d’une forme grave de l’infection, de bénéficier d’un arrêt de travail à titre préventif.

 

Françoise* AESH intervenant auprès de deux enfants, un élève de CE1 et un élève de maternelle, fait part de la difficulté de ne pas avoir de contacts avec les parents cantonnés à l’extérieur de l’école. « Il faut d’autre part réapprendre les expressions avec un masque ! Faire des jeux un peu comme au théâtre pour que les enfants cernent bien ce nouveau langage ». Un petit qui vous saute dans les bras, instinctivement on ne le refuse pas, « c’est ce qui s’est passé le jour de la rentrée et qui a dû certainement arriver à d’autres collègues ». Le cas se produira certainement avec un enfant qui pleure ou qui tombe dans la cour et se fait mal. « Que fait-on dans ce cas-là » ? « Serions-nous responsables au cas où une complication surviendrait ? » Le Cncph (Conseil national consultatif des personnes handicapées) doit faire parvenir sous peu un questionnaire aux parents d’enfants handicapés pour connaître leur point de vue sur cette rentrée programmée quelques jours plus tard.

 

Plusieurs enseignants, qui craignaient les premières journées difficiles, ont été étonnés par les enfants qui semblent avoir appris très vite toutes les nouvelles règles. « J’ai été agréablement surprise : ils ont été « tops » d’avoir aussi vite intégré les gestes barrières. »

 

Les professeurs malgré les craintes se sont montrés inventifs lors de ces premières journées. Ils ont déjà fait preuve de beaucoup d’imagination pendant le confinement et s’adaptent à nouveau aujourd’hui. La pédagogie, c’est aussi du bricolage.

 

Quelques mairies de l’agglomération nîmoise n’ont pas rouvert et très peu d’élèves sont revenus en classe. « Malheureusement, ce ne sont pas celles et ceux qui en auraient eu le plus besoin » nous dit un directeur d’école, « mais ceux dont les parents ont dû reprendre le travail. » Avec la rentrée de septembre en ligne de mire, c’est là que va se jouer un nœud important de l’avenir de l’école.



Catégories :Gard

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3 réponses

  1. Les témoignages sont rassurants mais on en saura plus dans une semaine ou deux.

  2. Affaire à suivre je dirai ! Episode 2 la semaine prochaine avec « la 2ème vague de rentrée »! Merci pour ces témoignages.

  3. Affaire à suivre je dirai, épisode 2 la semaine prochaine avec la 2ème vague « de rentrée » !!! Merci pour ces témoignages.

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