Les Terres de Rouvière : Terre de discorde entre la mairie et les comités de quartier des hauts de Nîmes

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Le comité terres de Garrigues invite tous les citoyens à une réunion d’information sur les terres de Rouvière ce samedi à 10 heures. Le comité s’émeut de la situation de cette partie sur les hauteurs de Nîmes. Explications.

Nichée sur la colline de Nîmes, cet ancien espace militaire de 53 hectares qui coupe la colline en deux a été rétrocédée par l’Armée à la ville de Nîmes en janvier 2018. Cet espace naturel, certes non classé natura 2000, n’est pas non plus ce qui pourrait être classifiée comme une zone verte. En 2016, une étude sur la biodiversité de ce territoire a été diligentée. Le rapport de 175 pages fait un état des lieux de la faune et de la flore. Il en ressort que s’il y a peu de flore, en revanche la faune y est omniprésente, avec des points de passage d’animaux tels que les sangliers, ou de la nidification des crapauds dans le bois des rossignols. L’étude conclut qu’il faut faire attention à cet espace du fait du passage d’animaux.

En Août 2019, le comité terre de Garrigues se rend sur le lieu et s’aperçoit que du débroussaillage est en train d’être effectué par la mairie. Jusque là rien d’anormal. Y retournant plusieurs fois les personnes de ce comité de quartier voient de nombreux arbres être abattus. Ils demandent alors une réunion avec des élus et les services municipaux. C’est chose faite, le 6 novembre un entretien se déroulent entre les intéressés. Philippe Marrot, militant écologiste et détenteur d’une page Facebook « Gard Avenir », et les membres du comité des terres de Garrigues les interrogent sur leurs intentions et sur la possibilité de trouver une alternative à ce débroussaillage quelque peu intempestif ( avec par exemple la possibilité d’apporter des moutons afin de leur faire brouter les mauvaises herbes et cela de manière écologique).

Le 16 novembre, voyant que des parcelles continuent à être débroussaillées, Janie Arnéguy d’ »Ensemble ! » intervient sur le sujet au Conseil municipal. Camille Delran, l’adjoint au Maire qui était venu lors de-là réunion le 6 novembre la reprend en disant qu’il était tombé dans un « traquenard » lors de cette réunion. Les discussions cessent ; dehors une quinzaine d’habitants attendent avec des branches de pins pour montrer leur mécontentement devant la mairie sur ce qu’ils appellent un déboisement irréversible.

Un projet de base de loisirs 

De son côté la mairie, explique sur son site que depuis le 8 janvier 2018 et cet achat, la mairie souhaite en « faire un espace de nature destiné à la détente et au sport. Mais ce site anciennement militaire est susceptible d’être pollué par des munitions diverses en qualité et en quantité. Aussi, des opérations de dépollution du site vont se dérouler dans les prochains mois. »
« L’ensemble du territoire est depuis ce matin en cours de débroussaillement afin de permettre la phase de diagnostic. Il est à noter que ce débroussaillement sera conséquent et que l’aspect paysager sera fortement impacté durant de nombreux mois. Viendra ensuite la phase de diagnostic. Elle consiste à rechercher des cibles (munitions) potentielles à l’aide d’engins spécialisés. Ces cibles seront toutes géolocalisées. »
La mairie ajoute qu’en fonction du diagnostic, « la phase de dépollution devra éliminer les cibles trouvées. Toutes les précautions seront prises pour assurer la sécurité des riverains. Cependant, l’accès au site est formellement interdit tant que la dépollution n’est pas achevée. » c’est la première phase qui s’est achevée fin 2018.

Sauf qu’en parcourant le site de la ville de Nîmes, on s’aperçoit que la phase qui devait être la plus visible, à savoir la démilitarisation n’a pas été la plus terrible en matière de débroussaillement. C’est lors de la seconde phase celle de l’aménagement qui a vu le lieu être déboisé.

Le 20 avril 2019, la mairie annonce que la démilitarisation est terminée et qu’elle entame la deuxième phase, le nettoyage. Elle fait d’ailleurs appel aux bonnes volontés pour aider à ce nettoyage. Dès lors, le comité de quartier pense que les arbres vont être maintenus en place, sauf que…

 

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Mauvaise compréhension entre les élus et les comités de quartier ?

Depuis lors, au travers d’articles de presse, les joutes verbales entre le comité de quartier et la mairie, ne cessent d’alimenter la pesse locale. Si pour les premiers, la phase de démilitarisation n’a pas engendré de gros dégâts, la phase d’aménagement du projet est une aberration écologique pour le peu de résultats à venir. Fallait-il abattre autant d’arbres (entre 800 et 1000)  pour une simple base de loisirs avec une piste de VTT, une piste de randonnée et un point d’eau ( tout cela sous la chaleur ). Pour la mairie, au contraire, le projet était déjà acté et les comités de quartiers étaient parfaitement au courant du projet qui se dessinait dans ce coin de verdure. Reste que les habitants de ces quartiers jouxtant les terres de Rouviere y voient un massacre écologique et ont peur. Les sangliers qui jusqu’alors avaient dans les terres de Rouvière un lieu d’habitat et de passage sont perdus et arrivent jusqu’aux habitations. Demain à l’invitation de Philippe Marrot et de Salvador Soldevila, président du comité terres de Garrigues, Daniel Richard, candidat d’EELV aux municipales nîmoises viendra voir les travaux ( les dégâts ?) et prendra parole sur ce sujet.

À une encablure des échéances municipales et dans un département où les températures et la sécheresse ont fait tant de dégâts cette année, et alors même que la question de la revégétalisation est plus que nécessaire, le comité ne va pas se priver d’interpeller les candidats au très convoité fauteuil de maire sur ce sujet.

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Infos pratiques :

Samedi 14 décembre 2019, réunion publique à 10 heures, au 251 impasse des hibiscus et l’après-midi, visite sur le terrain.



Catégories :Gard

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2 réponses

  1. Merci de modifier votre article qui peut induire en erreur.

    Il ne s’agit pas du quartier (copropriété) des Hauts de Nîmes.

  2. En plus de ce nettoyage radical la mairie a commencé à démanteler ces anciens terrains militaires. Par délibération du 26 septembre, elle cède un peu plus de 3000 m2 au tarif imbattable de 2,20 € le m2 à un grand propriétaire de ce secteur. Une nouvelle délibération sera votée aujourd’hui pour corriger une erreur de zonage. Des citoyens et le comité de quartier Russan Terres de Rouviere ont déposé un recours gracieux pour faire retirer cette délibération. Ses justifications sont en effet contraires à une délibération de juillet 2019, et de précédentes estimations des Domaines.

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