La nouvelle série « Regards et Paradoxe », de C’Line s’évertue à interpeller les gens sur la condition animale

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L’atelier 8 propose jusqu’au 26 octobre, une exposition collective de trois artistes nîmois, Drop, artiste graphiste et dessinateur, Brigitte Barateau-Dumesnil et C’Line Arts. À cette occasion nous avons rencontré cette dernière afin qu’elle nous explique sa nouvelle série intitulée « Regards et Paradoxe ».  

C’Line a toujours aimé l’Art. Après son baccalauréat, elle avait envisagé un temps d’entrer aux beaux-Arts. Une idée que ses parents lui ont déconseillée arguant à l’époque que ces métiers n’étaient pas rémunérateurs. À contre cœur, elle se dirige vers la coiffure, métier qu’elle exercera durant 22 ans. Puis vint le jour où se sentant de plus en plus fatiguée, elle apprend qu’elle est atteinte d’une maladie invalidante. Son métier, elle doit l’arrêter. Loin de se désespérer, sa maladie va être le révélateur et lui donner l’occasion d’exercer ce qu’elle a toujours gardé dans un coin de son cerveau : la peinture.

Mais que peindre ? sa passion et sa sensibilité envers les animaux et en particulier pour les espèces en danger, le sujet est trouvé. Reste à la jeune artiste peintre à s’y mettre. Cette bosseuse hors norme, se jette à fond dans ses toiles et travaille jusqu’à dix heures par jour pour trouver les bons gestes, les bonnes techniques. Durant dix ans, elle va apprendre, essayer, recommencer sans cesse pour trouver le coup de poignet, l’angle, la justesse du trait. Le courant qui lui convient le mieux dans sa démarche avec les animaux c’est l’hyperréalisme.

Après les séries, les animaux fabuleux, la récré des frimousses, C’Line s’est attaquée à un sujet plus grave, abordée dans « Regards et Paradoxe », la menace d’extinction de espèces et en particulier des Félins.

La BD « Les adieux du rhinocéros » : Un docu-fiction pour alerter sur le trafic des espèces menacées

« Regards et Paradoxe », une série très aboutie en guise d’avertissement sur l’inhumanité de l’être humain envers les animaux.

Outre la performance artistique, ce qui interpelle chez cette artiste c’est la démarche intellectuelle, la volonté de faire passer un message, d’interpeller.

 « Sur cette nouvelle série, j’ai voulu créer un paradoxe… une espèce en voie de disparition, sur une toile dont le fond représente les convoitises de l’Homme, son avidité, sa recherche permanente de nouvelles richesses qui en fait disparaître d’autres : celle de la nature et de la diversité de sa faune. Et de continuer : « Il est aussi question de regards, celui de l’animal peut porter sur nos agissements, non pas un jugement, mais plutôt, un questionnement, une incompréhension. »

Mais loin la volonté de C’Line de vouloir faire dans le pathos ou de choquer son public. Tout est dans la pudeur et la suggestion. Les animaux sont « Beaux ».

De longs travaux préparatoires afin de constituer cette série de tableaux.

Comme à son habitude, C’Line résume avec beaucoup de clarté la méthode qu’elle a utilisé pour cette nouvelle série.

Dans un premier temps, la jeune artiste a réfléchi sur le sujet qu’elle souhaitait aborder puis dans un second temps la manière dont elle envisageait de le traiter pour que cela ne choque pas les gens, le but étant d’interpeller, de faire réfléchir, ou découvrir non pas de faire fuir.

Néanmoins, « au lieu de rester dans l’habitat naturel de l’animal, j’ai décidé de créer une sorte de paradoxe entre deux styles en associant mon hyperréalisme à des fonds abstraits, afin que les deux styles deviennent complémentaires et que le fond, confirme, accentue l’ambiance de la série ou explique l’émotion dégagée par le sujet. »

C’est cette dychotomie qui offre aux spectateur, ce travail hors du commun. Ces derniers, en effet, vont s’apercevoir au travers de cette série le danger que l’Homme fait courir aux animaux, soit la fonte des glaciers, l’extraction des minerais rares ou des forêts pour des produits telle de l’huile de palme qui entrainent une réduction de l’habitat naturel, ce qui les rends plus fragiles voire en voie d’extinction.

 

Vous pouvez venir rencontrer les artistes du mercredi au samedi de 10 heures à 19 heures et les regarder faire leurs dessins, collages ou peinture en direct, mais qui se feront aussi un plaisir de vous expliquer leurs œuvres. Un bon moment d’échange et de complicité que nous avons testé avec plaisir.

Infos pratiques

“L’ATELIER 8”, 8 GRAND RUE 30000 NIMES

NDLR : Hyperréalisme : Courant artistique (peinture, sculpture) né aux États-Unis à la fin des années 1960, caractérisé par un rendu minutieux de la réalité inspiré d’images photographiques.

 



Catégories :Culture, Gard

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