Gilets jaunes : ils sont toujours là !!!

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Le nouveau rond-point d’Arles à Nîmes avait des allures de fête, hier soir. Non que les décorations de Noël aient été déposées, mais par les Gilets jaunes qu’ils l’avaient orné d’une myriade de ballons jaunes. Outre la décoration, le mouvement qui va « fêter » ses un an le 16 et 17 novembre prochain organisait une opération tractage rappelant leurs revendications.

« Stop aux amendes qui veulent tuer nos luttes »

L’ambiance était tout autre, il y a quelques jours devant le palais de Justice de Nîmes où une soixantaine de Gilets jaunes étaient venus montrer leur mécontentement face à la nouvelle « trouvaille » pour les faire rentrer chez eux : taper dans le porte-monnaie.

En effet, des « Gilets » ont été sanctionnés par des amendes très conséquentes de 750 euros sous forme d’ordonnances pénales par le Tribunal de Police de Nîmes. Le motif invoqué est une participation à une manifestation interdite sur la voie publique.

Des interventions ciblées selon les manifestants

Il faut remonter au 15 juin, en amont d’une manifestation régionale à Nîmes. Des contrôles systématiques avaient été réalisés tant sur le lieu des rassemblements que sur l’esplanade et jusqu’à l’arrêt du tram bus de Caissargues. Il leur était interdit de manifester sous peine d’amendes. Les plus téméraires ont essuyé de nombreux tirs de gaz Lacrymo suivi par de nombreuses arrestations et la manifestation a avorté.

Puis en plein tour de France, les 22 et 23 juillet, une trentaine de manifestants avaient enfourché des vélos tout en portant un gilet jaune. Ils avaient été stoppés et tous contrôlés mais n’avaient pas reçu d’amendes.

Or quatre mois plus tard les sanctions financières ont commencé à arriver dans les boîtes aux lettres des manifestants et l’on peut dire que l’addition est lourde.

En effet, ils ont appris qu’ils avaient été jugés par le Tribunal de Police de Nîmes, les 4 juillet et 29 août sans en avoir été informés en procédure dite simplifiée. Pour la même infraction, les amendes sont alors plus élevées puisqu’elles relèvent d’une condamnation. À ce jour, près de quarante personnes ont été condamnées.

Les Gilets jaunes refusent de payer 

Si pour les plus pugnaces, ces amendes sont monnaies courantes, (celles de 135 euros) toutefois la judiciarisation les interpelle et de dénoncer une violence budgétaire « car si nous ne le faisons pas les gens vont penser que pour être condamnés à payer de telles sommes, il y a fort à parier que nous avons dégradé. Or, c’est faux les contrôles se sont faits avant les rassemblements. »

Un autre manifestant de rajouter : « Nous n’avons rien fait de plus que lors d’autres rassemblements, c’est la manière de nous sanctionner qui change, si vous voulez manifester, maintenant, il faut payer !!! »

Les Gilets jaunes ont donc pris un avocat et feront « opposition » de ce jugement. Ils repasseront devant le tribunal de Police mais en procédure ordinaire cette fois-ci, leur permettant d’être présents ou de se faire représenter par un avocat.

« Nous avons contesté mais nous savons que dès lors où c’est une ordonnance pénale, les amendes ne peuvent être annulées, nous allons donc être de nouveau convoqués au tribunal de Police, mais cette fois-ci nous pourrons nous défendre »

Symboliquement, les manifestants ont accroché des photocopies des arrêtés et en ont brûlé d’autres, devant le Tribunal puis devant la Préfecture.

En tout cas, il est un fait à noter que poursuivre des gens qui peinent déjà à boucler leurs fins de mois, ne va pas dans le sens de la concorde.

Ces gens manifestent depuis 52 semaines, il est le mouvement social le plus intense tant par sa longueur que par sa récurrence. Des dizaines de Gilets jaunes nîmois ont fini au moins une fois en garde à vue, toute l’année 2019 a été émaillée par des convocations au Tribunal correctionnel. Quoique l’on en pense, on ne reste pas des centaines d’heures dans le froid, sur un rond-point ou a marcher sous le cagnard s’il n’y a pas derrière une détresse sociale, et c’est d’autant plus vrai dans Nîmes où les derniers indicateurs sur l’attractivité classent la ville dans les dernières de France.

À quelques jours de la date anniversaire, hier lors du tractage se ressentait comme une sensation de basculement. Les automobilistes souriaient, klaxonnaient en signe d’approbation. Une espèce de retour en grâce qui a même surpris les premiers intéressés.

 

 



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