[EDITO] Nous sommes une femme, un homme !

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Pour cette chronique, j’ai choisi de vous parler du sujet tabou qu’est le sexe, mais plus précisément de l’accompagnant ou assistant sexuel.

Mais qui est-il ? Qui est-elle ? La définition littérale serait un homme ou une femme offrant un moment d’intimité, de tendresse, de sexe à des personnes en situation de handicap, mais aussi des personnes en âge avançant.

Il faut savoir que l’accompagnement / l’assistanat sexuel existe depuis plus de 40 ans aux USA. Il est aussi considéré comme métier à part entière en Belgique, aux Pays-Bas, Suisse etc. En Israël dans certaines sexothérapies.

Voici deux exemples de pays dans lesquels il ou elle pratique :

En Suisse, l’accompagnement est très encadré car il est prodigué dans le cadre médical par des professionnels médicaux qui, après formation, « aident » en fonction de la demande à retrouver du plaisir, à redécouvrir le corps, ou tout simplement à découvrir le corps. La rémunération de la « prestation » avoisine les 150 euros. Cela va de prendre dans les bras,  à faire des câlins, exercer des simples caresses ou bien encore des caresses érotiques, jusqu’à  se mettre nu / nue devant la personne handicapée ou en situation de handicap.

Ces actes sont prodigués en hôpitaux, cliniques, à domicile, dans des instituts tels que des foyers de vie, d’accueils médicalisés, maisons d’accueils spécialisées, etc.

En Belgique, à l’accompagnement médicalisé s’ajoute le « purement » sexuel. Il y a des accompagnants hétérosexuels et gays. Ces hommes et ces femmes, suivent  aussi une formation.

1 – Médicale car être avec une personne appareillée, sous assistance respiratoire par exemple, demande une très grande attention, délicatesse, gestuelle, anatomique, etc.

2 – Psychologique car il faut rassurer, discuter, comprendre, entendre les besoins, les appréhensions, les attentes. Mais aussi, il faut écouter les familles.

Ici, il semble que la réticence tende vers les personnes en handicap mental. Voici ce que dit un professeur en psychologie en 2005 : « Il convient de développer dans ce domaine une éthique adaptée aux spécificités et aux limites des personnes concernées, éthique qui oblige à les accompagner dans certaines circonstances, parfois à décider à leur place ».

Il va plus loin en disant : « Nous devons admettre que la personne déficiente mentale n’est pas pleinement responsable de ses comportements et n’a pas conscience de la complexité de sa propre vie sexuelle, ainsi que de celle d’autrui ».

Connaissant particulièrement bien le handicap mental, je ne peux qu’abonder dans son sens. Il faut savoir qu’une personne atteinte d’une maladie mentale, a une relation avec le sexe exacerbé. L’activité sexuelle n’est pas la même qu’une personne « lambda ». Elle est plus « demandeuse », difficilement « satisfaite », etc.  C’est une addiction. On parle bien souvent d’hypersexualité. Je ne généraliserai pas, bien évidemment mais…

 

La position de la France

En France, l’assistanat sexuel est considéré comme de la prostitution. Il existe même une loi qui dit que le fait de solliciter, d’accepter ou d’obtenir des relations de nature sexuelle d’une personne qui se livre à la prostitution en échange d’une rémunération ou d’une promesse de rémunération, est puni d’une amende voire de peines complémentaires.

Des associations comme CH(s) OSE, dispensent des formations et permettent donc à des assistants de « travailler ». Des familles acceptent que ces professionnels / professionnelles interviennent. Ces familles peuvent être poursuivies pour proxénétisme. Marcel Nuss avait été l’un des premiers, en 2015, à dispenser une formation d’assistanat sexuel via l’association qu’il avait créé – Appas – et dont il a décidé de « tirer sa révérence » en ce mois de septembre 2019.

 

Comment peut-on penser qu’être en handicap enlève les besoins humains, sexuels, charnels ?

La réflexion qui va suivre n’engage que moi, comme toujours.

Il ne faut pas se leurrer, à tout âge, le sexe est très important dans la vie, il permet d’apaiser les tensions, d’être épanoui, de se sentir vivant.

J’ai toujours été curieuse et j’avais découvert qu’après un grave accident, une maladie, entraînant  une paralysie, ou une amputation, ou une perte d’autonomie etc. beaucoup de couples éclataient ou avaient du mal à reprendre une vie sexuelle car blocage psychologique de la personne en handicap et/ou du conjoint restant ou il y existait une sexualité parallèle du conjoint restant.

je me suis dit : au lieu d’un thérapeute qui est très formel, avec lequel on est souvent mal à l’aise, pourquoi ne pas utiliser l’assistanat pour se réapproprier son corps, apprendre à le regarder mais surtout à l’accepter tel qu’il est ? Une prothèse ne remplacera jamais un bras, une jambe, un sein. Si tu dois rester alité toute ta vie il va falloir que tu le « digères » et vives avec cela. Que je l’écrive c’est simple, je ne le vis pas. Mais sachez que je vis d’autres choses tout aussi difficiles, qui me rongent et me détruisent, mais qui elles ne se voient pas. L’assistant (e) pourrait aider à faire accepter que la sexualité d’avant n’existera plus, et en faire découvrir une différente. Mais il faut s’y ouvrir, le vouloir. C’est comme pour un orgasme : il faut savoir lâcher-prise pour que tout le monde y trouve son plaisir. Pour les personnes qui restent seules, l’assistant (e) sexuel (le) appliquerait ce que j’ai déjà expliqué au préalable, mais aussi, accompagnerait aux premières sorties et encouragerait aux rencontres (lorsque le handicap permettrait de le faire bien évidemment).

Alors serais-je prête, seriez-vous prêt(e) à devenir assistant(e) sexuel(le) ?



Catégories :National, Société

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