Bouillargues, le maire sortant seul en lice

Bouillargues, compte aujourd’hui 6644 habitants. Commune limitrophe à Nîmes, elle jouit d’une espèce de bien être. Maurice Gaillard, maire depuis 2009, brigue un troisième mandat. À ce jour sans liste concurrente, le maire, livre ses impressions sur son bilan et sur ses onze années à la tête, tout en gardant une partie de mystère sur ses colistiers et le programme qui seront dévoilés à la Bergerie le 6 mars.  

Le petit Gardois : Vous briguez un troisième mandat, quel bilan pouvez-vous nous donner de vos deux premières mandatures ?

Lorsque nous avons été élus en 2008, nous avons constaté que la gestion communale et les finances étaient précaires. Notre première action a été d’augmenter les impôts, car nous n’avions pas d’argent dans les caisses. Cela nous a permis de tourner pendant deux trois ans pour faire face aux échéances que l’on avait et puis la politique que nous avons de ce mandat là et le suivant c’était de maîtriser notre gestion (en modernisant notre façon de travailler au sein de la commune en se rapprochant d’un modèle entrepreneurial).

Il s’agissait de diminuer les frais de fonctionnement de la commune en serrant toutes les vis, avec tous les leviers que nous avions à notre disposition. Cela a commencé avec une renégociation de tous les contrats que nous avions avec les prestataires de services et un redéploiement des agents de la mairie. Nous avions beaucoup d’agents qui partaient à la retraite et qui n’ont pas été remplacés ce qui a fait baisser notre masse salariale. Nous sommes passés de 80 à 70 agents.

Parallèlement, nous avons mis en place un système qui s’appelle l’Ad’AP (loi instaurée en 2014) qui est une mise aux normes de tous les bâtiments communaux pour les personnes en situation de handicap, sur six ans pour un coût de 700 000 euros et qui se termine en 2020.  Nous avons élargit les trottoirs, l’école primaire a été doté d’un ascenseur, tout comme la mairie.

Nous avons refait toute la voirie, dans la Grand rue, et nous avons refait le parc municipal.

Nous avons fait beaucoup de travaux mais qui ont mis en évidence d’autres travaux à réaliser, et qui pour le moment sont restés en suspens.

L.P.G. : Quelle est la prospective de ce troisième mandat ?

Nous avons réussi en deux mandatures à assainir la commune, à consolider notre budget et avoir des excédents et donc pouvoir faire des investissements, embellir la commune et lui donner de nouvelles infrastructures.

Notre grand projet, c’est le nouveau complexe sportif.

Nous avons pris deux ans de retard, nous avions acheté tous les terrains mais un particulier a refusé de vendre le sien au prix proposé aux autres et nous avons été attaqués en Justice. La personne a perdu et a été expropriée. Il n’empêche que les travaux n’ont commencé que depuis septembre 2019 et devrait être se terminer fin 2020. Il y aura un dojo, une salle de hand-ball et un mur d’escalade de 11 m.

Ce centre omnisports constitue la première phase du complexe sportif intergénérationnel, les trois autres phases concerneront, dans un ordre qui n’a pas encore été arrêté :

– les courts de tennis ;

– les terrains de football et les tribunes ;

– la salle polyvalente qui aura vocation a accueillir de spectacles, des concerts, du théâtre, etc.

Grâce à ce complexe, nous avons reçu le label, terre de Jeux 2024, ce qui permettra à des sportifs participants aux jeux olympiques de venir s’entraîner à Bouillargues.

L.P.G. : Votre liste semble être composée de nouveaux arrivants, pouvez-vous nous dire la raison de ce changement ?

Nous avons élargi notre liste à des jeunes gens, pour leur mettre le pied à l’étrier, et leur apprendre une gestion de la mairie.

On va se représenter sur une liste sans étiquette, car nous sommes une équipe de gestion de la commune. Nous connaissons la sensibilité de certains, mais nous souhaitons être consensuels, allez dans le sens de la commune.

L.P.G. : L’écologie est au cœur des préoccupations, on parle entre autres de mobilités douces, or il s’avère que Bouillargues n’a pas de pistes cyclables.

On va faire de l’écologie à notre niveau parce qu’une commune n’a pas les moyens du jour au lendemain de planter des arbres comme on le voudrait, on ne peut pas faire du photovoltaïque, car cela induirait de pénaliser des terres agricoles, même si force est de constater que ces terrains agricoles ne marchent pas très bien, l’agriculture souffre énormément de la concurrence européenne et internationale. On va essayer de donner une orientation sur notre mandat, par exemple d’essayer d’encourager les agriculteurs.

La mobilité douce, nous avons beaucoup de nos concitoyens qui nous le demandent. À ce sujet, j’ai eu une visite de Denis Bouad (Président du département du Gard) à qui j’ai fait part de l’envie des Bouillarguais, d’avoir une piste cyclable qui partirait de Bouillargues et qui arriverait à Nîmes et pourquoi pas un chemin piétonnier. J’espère qu’il m’aura entendu mais l’on sait que ce sont des infrastructures qui coûtent chères, surtout que nous sommes près de la D6113 à fort passage.

L.P.G. : Bouillargues est très mal desservie en bus. Peut on imaginer que la commune puisse bénéficier du tram ?

Nous sommes, il faut le reconnaître très mal desservis. Nous n’avons qu’une ligne, qui propose une amplitude courte et des passages toutes les demi-heures en heure de pointes et toutes les heures le reste du temps. C’est insuffisant. Nous nous sommes renseignés, pour combler ce déficit de transport les solutions proposées par exemple une mise à disposition d’une navette qui irait de Bouillargues jusqu’à Caissargues, verrait en contrepartie la « possibilité » de la disparition de notre seule ligne. Il resterait une ligne qui ferait Nîmes Carrefour Route d’Arles,

Pour l’instant nous conserverons la mobilité existante.

L.P.G. : Jusque très récemment, la commune semblait traîner un peu la patte pour construire des logements sociaux, d’ailleurs il me semble que la ville payait des amendes de 300 000 euros, qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

Nous sommes dans une commune qui répond aux exigences de la Loi SRU. Quand nous sommes arrivés en 2008, nous avions déjà un déficit des logements sociaux par rapport à ce qui était exigé par l’Etat.

Nous avons un Plan local de l’habitat, PLH, qui sont des plans triennaux et qui donnent un certain nombre de logements à construire durant le plan. À Bouillargues, le nombre est très important, il faut en faire 450 et nous en avons déjà réalisé 160. Et donc pour rattraper le retard, nous avons donc des PLH. Sur le dernier PLH 2017-2020 nous devions faire 70 logements sociaux et en même temps nous avons payé une pénalité de 70 000 euros qui correspondait au déficit.

Comme nous étions en déficit très important, le préfet nous a mis sur le dos 110 000 euros par an de pénalités, ensuite il nous a menacés de nous retirer les droits de préemption sur la vente des logements. Puis, il nous a imposé un périmètre de densification qui était le centre du village.

Nous n’avions pas le choix, d’abord parce qu’une loi est faite pour être acceptée mais en même temps, nous ne voulions pas construire de manière anarchique et défigurer le village. On avait un PLU on l’a respecté.

On a essayé de trouver des terrains, nous avons discuté, collaboré avec les bailleurs sociaux, pour que les habitats sociaux puissent s’intégrer dans le bâti existant. Nous avons réussi notre pari, car nous avons fait 71 logements sociaux, on a respecté notre PLH.

Mais nous savons bien qu’aujourd’hui, on va nous remettre un nouveau contrat mais que nous ne pourrons pas respecter car les grands terrains, les grandes maisons au centre-ville, il n’y en a presque plus dans le centre.

Nous allons construire 30 % de logements sociaux dans les lotissements que nous allons bâtir. Nous sommes plusieurs communes à être pénalisées, Bouillargues, Générac, etc.

L.P.G. : Vous êtes le seul candidat pour l’instant, qu’est ce cela vous inspire comme sentiment ?

Il y a deux sentiments honnêtement, si on est prétentieux c’est qu’on peut se dire que nous avons fait du bon travail, mais est ce que ce n’est pas tout ce qui est véhiculé autour du Maire, qui supporte toutes les contraintes du Monde, qui empêchent des listes de se constituer ?

Mais démocratiquement, cela ne m’enchante pas, j’aurais aimé avoir une liste d’opposants.

L.P.G. : Le sujet qui fâche le plus : la fibre et la Grand rue.

Il faut savoir que nous sommes la première commune fibrée de l’agglomération, 90 % des foyers sont éligibles.

Quand nous avons fait la Grand rue au début du mandat, nous avons convoqué toutes les administrations, toutes les sociétés qui étaient intéressées, Nîmes Métropole, réseau d’eau, le pluvial, l’enfouissement des lignes électriques, téléphoniques.

La première réunion que nous avons eu avec eux la société Orange était présente. Et ensuite au cours des travaux qui ont duré 6 à 8 mois, Orange ne s’est pas déplacée.

Ils ne sont pas venus voir s’ils avaient des fourreaux et quand ils ont voulu venir mettre leurs installations, il y a des endroits où cela passait très bien et d’autres ou cela ne passait pas.

S’ils s’étaient venus à l’époque, ils auraient pu constater qu’il y avait des fourreaux bouchés, d’autres mal placés.

Aujourd’hui ils veulent bien venir mettre la fibre mais ce sera à nos conditions. Il est hors de question qu’ils fassent des trous au milieu de la rue qui est neuve, par exemple, s’il faut casser le trottoir, il devra être refait à l’identique et à leurs frais. Tout devra être refait mais à nos conditions. Nous allons bientôt avoir une réunion avec Orange et c’est sous cet angle que nous allons voir comment on peut faire pour résoudre ce problème là.



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