Algérie : Grève illimitée du syndicat des juges et de la Confédération des Syndicats autonomes (CSA)

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Depuis le 27 octobre, le Syndicat National des Juges (SNJ) a entamé une grève illimitée, pour revendiquer une justice libre et indépendante, loin des clivages politiques.

Selon des experts et politiciens de la scène algérienne, comme Abdelaziz Rahabi, diplomate de carrière, la grève illimitée est une occasion pour que la Justice puisse accéder à son indépendance envers « la » et « le » politique.

Depuis le 27 octobre, le syndicat National des Juges a entamé une grève illimitée et selon des sources, le mouvement est suivi à plus de 96 %, au premier jour de grève. De ce fait, à l’heure actuelle, de nombreux tribunaux sont paralysés par ce mouvement de grève inédit des juristes et cela risque de perdurer si le gouvernement n’abdique pas devant la « plateforme » des revendications du SNJ (Syndicat National des Juges).

Pour rappel, ce mouvement de grève coïncide avec le Hirak, commencé depuis presque neuf mois, le 22 février 2019 et a enclenché un mouvement sans précédent, malgré toutes les tentatives de l’ancien président de la République algérienne Abdelaziz Bouteflika pour le faire cesser. Cette contestation s’est poursuivie, ce qui a poussé le président Bouteflika à lire le 2 avril 2019 sa lettre de démission. Depuis lors, c’est Abdelaziz Bensaleh, 77 ans et ancien président du Conseil de la nation (chambre haute) qui a été nommé comme président par intérim.

Néanmoins, hors de ces changements de façade, la situation n’a guère évolué et aucune solution n’est en perspective. D’un côté, l’ancien système veut à tout prix organiser les élections présidentielles pour le 12 décembre 2019 ; de l’autre côté, la voix de la rue demeure assourdissante et continue à manifester sans cesse, tantôt une corporation, tantôt l’autre, tantôt la plèbe qui s’est soulevée. Malgré tout, en dépit des marches, le système politique actuel est totalement déphasé de la réalité.

Si la grève des juges arrive à se conforter, il est clair que cela va amener à ce qu’un nouveau front soit en train de s’ouvrir contre le système actuel et comme si cela ne suffisait pas, la Confédération des Syndicat autonomes (CSA), a organisé aujourd’hui, le 28 octobre plusieurs grèves et marches pour une Algérie démocratique et de la justice sociale. Les signataires, ont exprimé leur soutien au mouvement du Hirak « jusqu’à la satisfaction totale de ses revendications légitimes ». Ils ont réclamé la nécessité « du départ du gouvernement de Bedoui et de tout son staff actuel ». ; les manifestants critiquant en même temps l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures et sur des lois travail et retraites.

À cette heure, il est extraordinairement difficile d’anticiper sur la suite des mouvements de grèves qui risquent de remettre en question les élections présidentielles du 12 décembre 2019.

 

N.D.L.R. : La Hirak désigne une série manifestations récurrentes qui a lieu depuis le 22 février 2019 en Algérie pour protester dans un premier temps contre la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat présidentiel. Les contestataires réclament la mise en place d’une Seconde République, et le départ des dignitaires du régime, notamment parce que ceux-ci organisent le prochain scrutin avec les candidatures des caciques du régime.

 



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