[EDITO] RE « CON » NAISSANCE !

Savez-vous ce qu’est que le projet Aktion T4 ? Seuls les passionnés d’histoire, et plus spécialement de la seconde guerre mondiale pourraient en parler. Je vais vous en dire deux mots. Pas très folichon comme entame, ni comme tout le reste, car ce sujet n’est pas d’une grande valorisation des personnes en situation de handicap.

L’Aktion T4 est purement et simplement l’extermination des adultes handicapés, physiques et mentaux, allemands et autrichiens, menée par le régime nazi entre 1939 et mi 1941, qui a fait 80 000 victimes, a minima.

Aktion T4 prit le nom d’ Aktion Reinhhard lors de la « mise en place » du programme de la destruction du peuple Juif. Donc, combien de morts doit-on ajouter à 80 000 ? Lors des commémorations nous sommes les grands oubliés !

Parlons, maintenant de notre chère France et de notre reconnaissance. Je vous ferai grâce de l’après-guerre et débuterai dès les années soixante.

Voici quelques lois qui ont œuvré pour la reconnaissance de la personne handicapée.

 

En 1967 François Bloch-Lainé, remet un rapport à Pompidou intitulé « Étude du problème général de l’inadaptation des personnes handicapées », qui ouvre la voie au texte d’orientation de 1975.

« Cependant, le mot est fondamentalement polysémique. En 1967, dans un rapport à Georges Pompidou, François Bloch-Lainé donnait du « handicap » une définition éthique : « sont handicapées, les personnes qui, sur le plan physique, psychologique ou social, présentent des difficultés, que l’on pourrait qualifier de faiblesses, à être et à agir comme les autres. Ce sont ces faiblesses qu’il convient de compenser pour rétablir leurs chances dans la vie  Très en avance sur son temps et tournant le dos à l’assistance et à la réparation, fruits d’une longue tradition judéo-chrétienne et de deux conflits mondiaux meurtriers, François Bloch-Lainé prônait donc l’égalisation des chances, tout comme cela se pratique sur les champs de courses où, pour que tous les concurrents aient des chances égales d’arriver en premier au poteau, on alourdit le cheval, ou on lui donne une distance plus grande à parcourir, afin que les paris soient aussi aléatoires que si on avait tiré leur numéro dans un chapeau (hand in cap). » Tiré de Handicap et psychiatrie Journal Français de Psychiatrie page 38/ – de Roger Salbreux.

 

La loi de 1975, une étape cruciale dans la mise en place de la reconnaissance de la personne handicapée

Cette loi réglemente les conditions de création, de financement (création de l’allocation adulte handicapée), de formation et de statut du personnel des établissements et services du secteur.

Elle fixe le cadre juridique de l’action des pouvoirs publics

  • importance de la prévention et du dépistage des handicaps ;
  • obligation éducative pour les enfants et adolescents handicapés ;
  • accès des personnes handicapées aux institutions ouvertes à l’ensemble de la population ;
  • maintien des personnes handicapées chaque fois que possible dans un cadre ordinaire de travail et de vie.

Elle confie la reconnaissance du handicap à des commissions départementales, distinctes : pour les jeunes de 0 à 20 ans (commission départementale de l’éducation spéciale) et pour les adultes (commission technique d’orientation et de reclassement professionnelle à partir de 20 ans, les COTOREP).

Adoption par l’Assemblée générale des Nations unies d’une déclaration des droits des personnes handicapées.

 

Parallèlement dans les années quatre-vingt l’Europe à son tour œuvre en faveur des personnes handicapées

En 1981, voit l’adoption de la « Charte européenne des handicapés » par l’Assemblée européenne à Strasbourg.

En 1987 Promulgation de la loi n° 87-517 en faveur de l’emploi des travailleurs handicapés qui institue pour les entreprises de plus de 20 salariés l’obligation d’employer, à temps plein ou partiel, 6 % d’entre eux.

Et enfin en décembre 1989 La Charte sociale européenne du Conseil de l’Europe engage les États membres à prendre les mesures nécessaires en vue de garantir aux personnes handicapées l’exercice du droit à l’autonomie, à l’intégration sociale et à la participation à la vie de la communauté.

 

Les années quatre-vingt-dix début 2000, l’Etat s’occupe enfin des personnes sourdes et met en place la notion de discrimination

13 juillet 1990 Protection des personnes contre les discriminations en raison de leur état de santé ou de leur handicap.

En 1991 la loi du 18 janvier une loi permet le bilinguisme. Elle autorise et organise l’enseignement du français et de la langue des signes pour les personnes sourdes.

2002 marque le début des travaux d’actualisation de la loi de 1975 pour une mise en œuvre d’un droit à compensation, par exemple solidarité nationale et à l’indemnisation des handicapés congénitaux, affirmant que « nul ne peut se prévaloir d’un préjudice du seul fait de sa naissance » et mettant fin à la « jurisprudence Perruche » (arrêt de la Cour de cassation du 17 novembre 2000 permettant à l’enfant né handicapé à la suite d’une erreur de diagnostic médical de demander une indemnité au titre du préjudice subi). La loi crée aussi les conseils départementaux consultatifs des personnes handicapées (CDCPH), chargés de faire des propositions pour mettre en œuvre au niveau local la politique en direction des personnes handicapées.

 

2005 une loi fondamentale appelée loi sur l’égalité des chances

La loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie dispose que les traitements ne doivent pas être poursuivis avec une « obstination déraisonnable » et fait obligation de dispenser des soins palliatifs.

Création des MDPH (Maisons départementales des personnes handicapées).

Les enfants handicapés ont pour la première fois la possibilité d’être intégrés dans le milieu scolaire ordinaire. Elle instaure aussi la création des AVS (assistant de vie scolaire) pour aider les enfants handicapés.

En 2013 voit la Remise à M. Ayraut, alors premier ministre, du rapport de la sénatrice Claire-Lise Campion sur l’accessibilité des personnes handicapées au logement, aux établissements recevant du public, aux transports, à la voirie et aux espaces publics.

Un an plus tard, promulgation de la loi permettant le don de jours de repos à un parent d’un enfant gravement malade. Ce texte autorise un salarié à « renoncer anonymement et sans contrepartie », avec l’accord de l’employeur, à des jours de repos au bénéfice d’un autre salarié de l’entreprise ayant la charge d’un enfant âgé de moins de vingt ans atteint d’une maladie, d’un handicap ou d’un accident rendant indispensable une « présence soutenue ».

Parallèlement la loi oblige à la mise en accessibilité des établissements recevant du public, des transports publics, des bâtiments d’habitation et de la voirie pour les personnes handicapées.

Je stoppe là car cela devient imbuvable, je l’avoue, mais dont je voulais simplement vous informer des minimes avancées pour les personnes en handicaps.

 

Mais tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes

Depuis des décennies, la France refuse l’assistanat sexuel l’assimilant à de la prostitution.

Plus grave et au centre depuis plus de 3 ans, refus par le gouvernement Macron de la déconjugalisation de l’AAH voir https://www.vie-publique.fr/loi/278791-loi-2021aah-revenus-conjoint-deconjugalisation https://www.apajh.org/deconjugalisation-de-laah-le-handicap-reste-personnel/ par exemple

  • Malgré l’obligation de mettre aux normes les lieux publics pour l’accessibilité aux personnes en handicaps, les logements etc.. dans les faits, il existe peu d’avancées !
  • L’AAH est considérée comme un Minima social, au même titre que le RSA par exemple, mais n’a pas les mêmes avantages que celui-ci….Prime de Noël niet !
  • L’AAH s’élève 919,86 euros, ce qui signifie que plus de 13 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté ainsi qu’avec leur handicap.

Cela donne à réfléchir tout cela !

Merci de m’avoir lu jusqu’au bout, car je sais que cet article fut laborieux ! Mais à mon avis utile !



Catégories :Société

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