Point sur l’évolution de la situation épidémique et vaccinale en Occitanie

Le directeur de l’ARS Occitanie, Pierre Ricordeau, a tenu en début d’après-midi, une conférence de presse pour évoquer la situation épidémiologique dans la région Occitanie et également faire un point sur la vaccination et sur la tension hospitalière en ces périodes festives et de retrouvailles pour de nombreuses familles.

Comme il en a donc l’habitude depuis le début de la crise sanitaire, celui qui est à la tête de l’Agence Régionale de Santé pour la région Occitanie s’est présenté en visioconférence devant la presse régionale pour évoquer de nombreux sujets, mais en éludant notamment celui sur la vaccination des enfants de 5 à 11 ans, sujet très sensible à l’heure actuelle.

C’est à travers la présentation de tableaux de bord « Powerpoint » que Pierre Ricordeau a dressé tout d’abord un état sur la situation à l’instant T avant d’indiquer la décision qu’il avait prise concernant les établissements de santé et de rappeler l’importance de la vaccination pour ne pas contrer Omicron, qui n’est pour le moment pas réellement un sujet d’actualité, mais pour freiner la circulation du variant Delta.

 

Le pic de la cinquième vague semble proche

La France est dans une vague épidémique extrêmement puissante et la région Occitanie atteint des niveaux d’incidence qui sont inédits jusqu’alors. La moyenne régionale est près de 600 cas positifs pour 100 000 habitants sur les sept derniers jours soit 12 fois supérieur à l’état d’alerte qui est fixé comme tout le monde le sait dorénavant à 50. Le département du Gard est le plus touché avec un taux d’incidence de 760, bien au-dessus de la moyenne régionale. D’ailleurs, concrètement c’est l’est de la région qui est le plus touché car outre le Gard, l’Hérault, et les Pyrénées Orientales sont également à des niveaux très élevés (680 et 730).

Ce chiffre de 600 malades a été multiplié par trois en trois semaines. Néanmoins il y a un ralentissement très clair de la croissance de l’épidémie qui est dû notamment par le changement de comportement des concitoyens avec la reprise des gestes barrières. Le taux de positivité est en train de plafonner aux alentours de 7 % ce qui semble donc indiquer une certaine stabilisation qui est encourageante et qui démontre donc que la croissance du taux d’incidence est portée par le taux de dépistage. En effet, il y a plus de tests effectués mais le taux de positivité n’augmente pas ou alors de 0,1 %.

Pour autant la région Occitanie n’est pas encore au pic même si tout semble indiquer que l’on s’en rapproche. Par contre, un autre problème plus récurrent s’annonce, c’est l’épidémie de grippe. La région Occitanie est entrée dans une phase épidémique de grippe, la première de Métropole à entrer dans cette situation. Il va donc falloir cumuler une circulation très rapide du virus du Covid et aussi maintenant du virus de la grippe. À cela s’ajoute comme partout en Europe, la perspective du variant Omicron. À ce stade un seul patient atteint du variant Omicron a été confirmé dans la région Occitanie mais trois cents cas sont sous surveillance, en cours d’examen avec des séquençages, et il est probable que ce chiffre de un, augmente dans les jours qui viennent.

 

Une flambée épidémique générale

Aucun territoire de notre région, ni aucun territoire de Métropole ne sont épargnés. Cette flambée se diffuse également quelles que soient les classes d’âge avec contrairement aux précédentes vagues, une atteinte marquée chez les enfants qui ne sont pas vaccinés.

Les classes d’âge les plus âgées commencent à connaître une stabilisation de l’épidémie, étant donné que ce sont les personnes qui ont bénéficié en priorité de l’accès, et à juste titre, à la dose de rappel. Le taux de positivité a commencé à diminuer sur les plus de 65 ans et ce qui permet d’affirmer que la région est certainement proche du pic épidémique.

 

Le pic épidémique n’est pas le pic sanitaire

Entre les contaminations et les hospitalisations notamment en soins réanimatoires, il y a les effets retards d’une durée d’environ quinze jours. Même si le pic épidémique arrivait dans les jours qui viennent, la pression hospitalière se poursuivrait au moins jusqu’à la fin de l’année et peut-être au début de l’année 2022.

Or la situation aujourd’hui dans les hôpitaux s’est très nettement dégradée. Tant au niveau des hospitalisations conventionnelles que réanimatoires, la région est en train de rejoindre les pics de la 4e vague de cet été, et pourrait atteindre les pics des vagues précédentes.

L’augmentation est forte. 80 % en sept jours en hospitalisation conventionnelle, 1/3 en sept jours en réanimatoire, et cette augmentation est portée par le flux de nouveaux malades, 700 nouvelles hospitalisations par semaine au cours des sept derniers jours en hospitalisations conventionnelles alors qu’au plus bas de l’épidémie il y en avait moins de 100 et 180 nouvelles entrées en réanimation au cours des sept derniers jours contre moins de 20 au plus bas de l’épidémie.

La situation est tout à fait critique. La semaine dernière, Pierre Ricordeau a déclenché le niveau trois de l’offre d’hospitalisation. Il a pris la décision de passer au plus haut niveau, c’est-à-dire, le niveau 4, le message apporté aux établissements de santé publics comme privés, est un message de mobilisation générale, de reprogrammation des opérations qui peuvent être retardées et de mobilisation de l’ensemble des ressources humaines disponibles et il est possible qu’il y ait besoin de recourir à la mobilisation des étudiants en santé et infirmier. Ainsi les établissements de santé sont en train d’organiser les quinze jours qui viennent, période très compliquée puisqu’elle correspond aux fêtes de fin d’année.

Dans cette période toute particulière, Pierre Ricordeau, recommande aux concitoyens de faire attention à l’usage qu’ils peuvent avoir du système hospitalier et notamment en période hivernale de ne pas saturer les services d’urgence mais de faire appel à leur médecin traitant ou médecin de garde et si cela n’est pas possible de contacter le 15 pour savoir s’il est absolument nécessaire de se déplacer aux urgences ou sinon de trouver une solution plus adéquate.

 

Le vaccin est totalement efficace face à cette 5e vague

La vaccination a une efficacité massive sur les formes graves du Covid. Le risque d’avoir une hospitalisation en fonction du statut vaccinal est totalement différent.

Il existe une perte d’efficacité de la vaccination au bout d’un certain nombre de mois, d’où l’importance du rappel vaccinal qui permet d’avoir un véritable « boost » vaccinal et une protection encore plus forte que lors de la seconde injection. Les personnes qui arrivent aujourd’hui en réanimation sont des personnes majoritairement non vaccinées et que ce sont bien ces personnes qui viennent aujourd’hui saturer les services de réanimation.

 

Des niveaux historiques de vaccination dans la région Occitanie

Dans la région, il y a plus de 10 millions de doses qui ont déjà été administrées et le redémarrage de la vaccination avec la dose de rappel est vraiment exceptionnel.

Mardi, un record a été atteint (les chiffres d’hier et d’aujourd’hui ne sont pas encore disponibles) avec 87 104 doses injectées en une seule journée. La région est aujourd’hui, au-dessus du niveau atteint cet été, juste après la mise en place du pass sanitaire. 1,5 million de personnes ont pu bénéficier d’une dose de rappel grâce aux pharmaciens, médecins, infirmiers, sages-femmes et les centres de vaccination.

L’essentiel de la vaccination se fait sur le rappel vaccinal, néanmoins depuis le 1er septembre, 293 000 primo-vaccinations ont été réalisées essentiellement chez les moins de 18 ans.

 

La réussite de la vaccination est due à la mobilisation de tous les personnels de santé

D’abord, les professionnels de santé libéraux ont commencé à relancer la machine à vaccination avant que les centres de vaccination soient de nouveau opérationnels.

45 % des vaccinations ont ainsi été réalisées par les professionnels libéraux qui ont su répondre immédiatement à la forte demande de vaccination pour les doses de rappel pour les personnes qui, dans un premier temps, en avaient le plus besoin.

 

Pour conclure, Pierre Ricordeau, a tenu à rappeler l’importance des gestes barrières face au variant Delta et certainement plus encore demain face au variant Omicron. Ces gestes que tout le monde connaît et qu’il est important de respecter à un moment où des familles vont se retrouver pour passer les fêtes de fin d’année. Des gestes efficaces et c’est l’action de chacune et de chacun d’entre nous qui font la capacité de maîtrise de l’épidémie.



Catégories :Gard

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