La BD « Bob Denard, le dernier mercenaire » : le corsaire de la république

Robert Denard dit Bob est sûrement le plus connu des mercenaires français de la seconde moitié du XXe siècle. Véritable ange de la mort de la politique française en Afrique durant la décolonisation jusqu’aux années quatre-vingt-dix, il fut et restera un personnage très controversé. Olivier Jouvray, le scénariste et la dessinatrice Lilas Cognet présentent au travers de ce personnage une partie de notre histoire loin d’être la plus glorieuse.

Robert Denard, Depuis tout petit, ce grand rêveur a la bougeotte et ne pense qu’à s’évader loin des terres de Gironde où ses parents se sont embourbés. Ce qu’il attend de la vie, c’est qu’elle soit riche, plurielle, palpitante…  Pendant les années de la Seconde Guerre mondiale, Bob est trop jeune pour pouvoir participer au conflit mais, en 1946, à 16 ans, il s’engage dans l’armée. Robert est un électron libre, violent, inconséquent et indiscipliné : il ne correspond pas tout à fait au profil type du bon soldat. En 1952, au terme de la guerre d’Indochine, après avoir fait le plein de sensations fortes et de toutes sortes d’excès viciés, n’est toujours pas assez. Il quitte l’armée qui n’a plus rien à lui offrir, mais ce n’est que le début de l’histoire. Très bientôt, quand la France aura besoin de salir ses mains, c’est à celles de Bob Denard qu’elle fera appel. D’ailleurs, ça tombe bien ! En Afrique, le processus de décolonisation entrainant avec elle son lot de violences, d’atrocités.

La bande dessinée commence donc à l’adolescence de celui qui allait devenir Bob mais qui était encore Robert, et les 130 pages de l’œuvre dérouleront la vie de ce mercenaire hors du commun, faite de coups d’États du Yémen au Congo, en passant la Gabon ou le Rwanda et même les Comores.

 

Aventurier pour certains, tueur pour d’autres, le personnage ne laisse pas indifférent

Ce que l’on peut retenir de cette bande dessinée est la volonté d’être pédagogique. En effet, en plein milieu du récit, les auteurs n’hésitent à couper l’histoire afin de faire comprendre au lecteur ce qu’il se passe en Indochine par exemple, ou qu’appelle-t-on une opération de maintien de l’ordre.

En outre, au-delà du personnage, les auteurs montrent en filigrane, la politique française en Afrique tant durant la décolonisation que par la suite avec la Francafrique.

Les graphismes ne laissent pas de marbre. Il faut même quelques minutes pour s’y habituer. Au fil des chapitres, les couleurs changent, ce qui de prime abord peut gêner le confort visuel du lecteur.

En parant l’existence du plus célèbre des mercenaires Français d’une touche d’humour légère et ironique, souligne l’absurdité et la cruauté de cette figure controversée. Supporté par l’expressivité ainsi que par sa grande palette de styles graphique, ce récit biographique fascine même s’il faut le reconnaître qu’il est un peu long à l’instar du personnage qui eut une longue « carrière ».

La bande dessinée « bob Denard, le dernier mercenaire », est disponible aux éditions Glénat et comprend 132 pages.



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