La situation épidémiologique se dégrade rapidement et brutalement en région Occitanie

Pierre Ricordeau, directeur de l’ARS Occitanie a souhaité tenir une conférence de presse par visioconférence ce matin pour détailler la situation épidémiologique dans la région Occitanie, préciser des éléments concernant les taux d’occupation des lits en réanimation et les moyens mis en œuvre pour les augmenter si nécessaire et enfin faire un rappel sur le public qui a accès à la vaccination dès aujourd’hui et donner des perspectives pour les autres dans les prochaines semaines.

 

Une évolution épidémiologique qui évolue rapidement mais dans le mauvais sens

L’état de l’épidémie en Occitanie est encore plus favorable que dans d’autres régions du territoire national, mais elle connaît aujourd’hui une nette dégradation rapide et même brutale.

Dans le tableau ci-dessus, il s’agit de l’incidence moyenne en Occitanie, avec en noir, l’ensemble de la population et en jaune les personnes âgées de plus de 65 ans. Depuis le mois de février, la région se trouvait dans une situation stable, autour de 150 cas positifs par jour pour 100 000 habitants pendant sept jours. Depuis quelques jours cette moyenne est passée à 180 cas positifs pour 100 000 habitants pendant sept jours, ce qui correspond à peu près à 1 200 malades par semaine identifiés suite au dépistage.

La tendance à la dégradation est générale puisque les treize départements de la région Occitanie connaissent une évolution à la hausse. Cela est dû notamment à la remontée du taux de dépistage car revenus à la situation de début février avec environ 200 000 tests réalisés par semaine mais c’est surtout lié à une remontée très sensible du taux de positivité (les tests qui reviennent positifs), la région Occitanie ayant pris 1 % d’augmentation depuis début février.

Cette tendance se retrouve dans tous les âges de la population même si pour les plus de 65 ans, ceux qui ont été priorisés pour la vaccination, cette tendance, certes à la hausse est en dessous de la moyenne régionale (courbe jaune du graphique).

La situation est la plus dégradée dans le département du Gard avec une incidence moyenne de 250 cas positifs par jour pour 100 000 habitants sur sept jours. Cependant même si ce chiffre est élevé, il reste néanmoins bien au-dessous des régions confinées tels que l’île de France avec une incidence moyenne de 400 et pour les Hauts de France jusqu’à 600. Pierre Ricordeau, cependant n’exclut pas le fait que le Gouvernement décide de placer ce département en alerte renforcée d’ici les prochaines annonces mais exclut pour le moment toute mesure de confinement.

La diffusion du variant dit « britannique » est extrêmement large, même au-dessus de la moyenne nationale dans la région Occitanie, avec 77 % de présence de ce variant dans les tests qui subissent des criblages. Ce variant est devenu quasiment unique même s’il n’a pas encore atteint le seuil de 100 %. Cependant pour les variants dits « brésiliens » et « sud-africains », la région est en dessous de la moyenne nationale qui est de 5 % avec seulement 2 % pour l’Occitanie.

 

La pression sur le système hospitalier reste sur un niveau élevé

La situation est critique d’autant plus qu’elle intervient à un moment où la pression sur le système hospitalier est restée à un niveau extrêmement élevé. Celui-ci n’est jamais sorti de la deuxième vague de l’automne aussi bien en hospitalisation conventionnelle, qu’en hospitalisation en soins critiques. Contrairement à la première vague, les hospitalisations ne sont jamais totalement redescendues.

Les niveaux à l’heure actuelle tant en hospitalisation conventionnelle qu’en soins de réanimation sont au même point que lors de la première vague et lors du début du confinement au mois de mars 2020.

L’inquiétude de Pierre Ricordeau est de voir redémarrer l’épidémie avec ces taux d’incidence avec un niveau de pression hospitalière qui lui n’a pas énormément diminué, et les épidémiologistes savent qu’il y a une quinzaine de jours entre le moment où les contaminations se font et où les hospitalisations se font, et que par conséquent la pression hospitalière se remette à progresser fortement.

En termes de flux de nouvelles hospitalisations, la baisse s’est arrêtée et selon les territoires, il est reparti à la hausse en particulier à l’est de la région et notamment dans le Gard.

 

Une situation tendue alors que des transferts de patients venus de territoire fortement touchés par l’épidémie continuent

Une mobilisation forte des équipes soignantes publics et privés a permis d’accueillir plus à l’ouest de la région des transferts de patient en réanimation venant de la région PACA et de l’île de France. 26 transferts ont ainsi été réalisés entre le 1er et le 19 mars.

Cette semaine et la semaine suivante cet effort de soutien auprès des régions les plus impactées se poursuit même si l’évolution de la situation propre à la région Occitanie pourrait conduire à moduler celui-ci.

Des transferts interrégionaux ont également été réalisés d’est en ouest pour soulager la pression hospitalière sur certains établissements de santé.

La Région Occitanie est ainsi passée au niveau 4 de la stratégie de mobilisation de l’offre de santé (qui est le niveau le plus élevé). Cela a pour conséquence la déprogrammation de certaines interventions chirurgicales pour créer des lits de réanimation supplémentaires. À l’heure actuelle il y a 500 lits « dits autorisés » de réanimation, mais aujourd’hui dans la région Occitanie du fait de la pandémie il existe 620 lits de réanimation, le niveau 4 devrait permettre d’atteindre 700 lits de réanimation. Actuellement le taux d’occupation des lits de réanimation est de 80 à 85 % dont 40 % des lits de réanimation sont occupés par des patients Covid-19.

 

La situation dans les EHPAD continue de s’améliorer

La vaccination très large des résidents (près de 90 %) se traduit par une baisse de l’épidémie dans les EHPAD, avec une baisse continue du nombre de cas et un niveau que la région Occitanie n’avait pas connue depuis fort longtemps. Une baisse également très forte dont on peut se réjouir du nombre de décès dans les EHPAD avec 17 décès récemment contre 160 au moment des pics les plus élevés.

 

Où en est la région Occitanie de la campagne de vaccination ?

Au moins 10 % de la population a reçu une injection soit à peu près 585 000 personnes. Une très large majorité des résidents des EHPAD ont reçu les deux injections. Près de la moitié des personnes ont reçu au moins une injection de vaccin avec près de 20 % de cette cible de personnes qui ont été vaccinées dans les trois semaines de mars qui viennent de s’écouler. Le Président de la République a annoncé ce matin avec une extension à la tranche d’âge des plus de 70 ans, ce qui est justifié par le niveau atteint pour les personnes plus âgées.

Suite à la modification de la Haute Autorité de Santé notamment sur le vaccin AstraZeneca, voici un point sur les personnes pouvant bénéficier de la vaccination, qu’il est possible de consulter sur le site internet www.solidarites-sante.gouv.fr/vaccin-covid-19

La campagne de vaccination va poursuivre sa montée en puissance dans les jours et les semaines qui viennent.

Ces livraisons sont à peu près garanties et pourraient même être revues à la hausse. L’enjeu aujourd’hui est l’augmentation de la capacité de vaccination qui a fait défaut au début de la campagne de vaccination.

Cela va engendrer une montée en puissance des centres de vaccination actuelle mais également la création de nouveaux grands centres de vaccination (2 000 vaccinations par jour) qui seront annoncés par les différents Préfètes et Préfets des départements de la région Occitanie, l’annoncer.



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