Test de « Wasteland 3 » : un classique dans tous les sens du terme

La franchise Wasteland a vu le jour en 1988. À l’époque, ce sont les jeux à dominance post apocalyptique qui dominaient le marché des jeux vidéo. Cela a valu d’autres belles franchises comme Fallout notamment.

Les joueurs les plus jeunes n’ont donc pas connu le premier opus, sorti à l’origine sur Commodore 64, mais ont pu se rattraper avec une version remastérisée sur les consoles que l’on doit nommer désormais old-gen.

En 2014, Wasteland 2 prenait donc la relève avec un plébiscite de la part des fans et de la presse spécialisée. Il faut dire que pour voir le jour, cette suite a bénéficié d’un financement participatif par la communauté de joueurs. Ce deuxième volet avait pour mérite de remettre au goût du jour le C-RPG (pour « computer role-playing game », soit jeu vidéo de rôle sur ordinateur).

Pour ce troisième opus, Deep Silver et InXile Entertainment, entraînent les joueurs dans un froid post apocalyptique (on ne change pas l’ADN de la franchise), après avoir fait endurer le désert aux joueurs dans le deuxième opus. Autre chose qui ne change pas, c’est le modèle économique, les développeurs ont de nouveau fait appel au financement participatif pour délivrer aux fans ce troisième volet. Alors que vaut-il vraiment ?

 

Welcome to Colorado

Après l’Arizona, c’est donc au Colorado que les Rangers, groupe armé qui cherche à reconstruire une certaine forme de civilisation après la catastrophe nucléaire survenue en 1998 posent leurs pieds. C’est dans les montagnes enneigées d’un Colorado dévasté sans foi ni loi que les Rangers dépêchent la team November.

Démarrant cette aventure assez mal en point, les Rangers vont devoir pactiser avec Buchanan, le patriarche autoproclamé de l’état. Il vous promet de vous fournir suffisamment de provisions pour nourrir les habitants de votre groupe contre l’échange de quelques faveurs, bien évidemment.

Toutefois, son autorité est mise à mal par de nombreuses menaces, issues de sa propre famille. Ses trois enfants se disputent pour mettre la main sur le Colorado. En bon père de famille, Buchanan vous demande de capturer vifs ses trois enfants, mission très délicate car ceux-ci sont défendus par des factions pas spécialement très amicales.

 

Une écriture solide qui rend l’aventure imprévisible

Wasteland 3 repose énormément sur les décisions que les joueurs devront prendre. Avec moins de dialogue que le deuxième épisode de la franchise, ce troisième volet n’en reste pas moins excellemment écrit.

InXile Entertainment a su de nouveau capter le ton approprié, apprécié par les fans de la franchise. Avec sa réputation de taulier de toute une tradition de C-RPG, Wasteland 3 met un point d’honneur à rendre son univers vivant et tangible. Les nombreux dialogues, désormais intégralement doublés, avec les personnages qui peuplent les terres perdues révèlent une écriture riche, maîtrisée, bardée de références et régulièrement empreinte de l’humour noir cher à la licence.

 

Du pur RPG

Comme tout bon RPG qui se respecte, Wasteland 3, laisse énormément de choix aux joueurs dans la manière de réaliser les missions. Aider des réfugiés au risque de créer des tensions à cause de la surpopulation ou devenir une raclure de la pire espèce en faisant affaire avec des marchands d’esclaves, quoique vous fassiez vos actions auront une influence sur votre réputation envers les différentes factions du jeu. Dans tous les cas, il en résultera des effets bénéfiques ou néfastes, mais tout le plaisir repose justement dans la surprise de ce qui advient.

Les joueurs devront faire le bon choix dans la composition de leur équipe. Quel personnage maniera quelle arme, lequel sera spécialiste en explosif ou en charisme. De ces choix cruciaux, l’avancée du joueur dans le jeu pourra être plus ou moins longue, si son équipe est mal équilibrée. Les joueurs non habitués à ce genre de jeu pourraient être rebutés et perdre pied.

De son côté, l’amateur de RPG y trouvera largement son compte et prendra sans aucun doute un plaisir à optimiser au maximum les expériences de chacun des membres de son groupe.

 

Des combats classiques

Dans l’ensemble, les combats, toujours au tour par tour, s’avèrent un peu trop classiques et ne réinventent pas véritablement le genre. Toutefois, il n’est pas nécessaire de foncer dans le tas. On peut entre autres pirater des systèmes de défense pour que les tourelles changent de camp ou déclencher une explosion dévastatrice pour démarrer avec une avance confortable.

En outre, la personnalisation des personnages, au niveau des armes cette fois-ci (armes de poing, armes lourdes, snipers, fusil d’assaut…), donne une certaine satisfaction au combat. Chaque ranger dispose d’un nombre limité de points d’action (ou PA) qui lui permet de bouger, d’attaquer ou d’utiliser des compétences.

Cette diversité de l’arsenal, et les compositions que vous mettez en place pour appliquer des synergies font que l’on s’ennuie rarement. De plus, il est tout aussi rare que les joutes s’éternisent car le tout reste assez brutal et expéditif sans la majorité des cas. Le système de combats ne s’essouffle jamais grâce aux gains de niveaux, d’améliorations de compétences, de talents, et l’acquisition de nouvelles armes. Clairement le gameplay s’enrichie d’heures en heures d’autant que l’on peut changer de style assez régulièrement grâce à notre réserve d’hommes et de femmes prêts à en découdre à la base des Rangers.

 

Une technique qui jette un froid

Wasteland 3 n’est pas franchement au point techniquement. Les temps de chargement particulièrement longs et les nombreux ralentissements lors des combats, ternissent l’image d’un jeu qui indéniablement a de vraies qualités artistiques.

Il a au moins le mérite d’être beau dans sa représentation post apocalyptique d’un hiver nucléaire, en particulier les environnements où l’on doit se déplacer à l’aide de notre véhicule blindé. Concernant les environnements, on reste dans l’ambiance mais cela manque tout de même parfois d’une identité propre ce qui peut être difficile tant le genre post-apo a été très utilisé ces dernières années.

 

Conclusion

Généreux, narrativement intéressant, stratégiquement solide, Wasteland 3 compense sa relative faiblesse technique par sa direction artistique efficace et sa bande-son qui frappe fort et au bon moment. Le titre permet en outre de parcourir l’aventure avec un ami : les deux joueurs se répartissant le contrôle des unités comme bon leur semble. Mais malgré toutes ses qualités, Wasteland 3 n’est pas exempt de tout reproche. Son interface semble lourde, ses chargements sont agaçants et il possède de nombreux bugs.

Malgré tout, il convient de rappeler que Wasteland 3 a très peu évolué depuis l’opus précédent et qu’il s’adresse avant tout aux amateurs de RPG et un peu rétro. Si vous êtes accro à ce genre d’expérience, vous trouverez votre compte dans ce titre, qui en dépit de ses défauts, reste agréable à parcourir.



Catégories :Jeux vidéo

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